• Direction Bamako le but de mon périple

     Mercredi 20 Novembre SEBEKORO - DIO GARE 94 Km

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    Diakite et le secrétaire de mairie m’accompagne 

    Départ ce matin à 8 H 30 DIAKITE m’accompagne comme il est coutume jusqu’à la sortie de la ville. On croise le secrétaire de mairie qui se rend au travail. Dernière salutations et on se quitte. Je bouffe déjà la poussière de quelques camions. Je suis pire qu’un clochard, mes affaires sont toutes rouges, « BAMAKO » aussi. La chaîne grince sur les pignons mais il vaut mieux que je ne mette pas d’huile. La piste pénètre dans la jungle avec de gros arbres, dommage, ils ne font que très peu d’ombre sur la chaussée. Je m’arrête sous un de ceux-ci pour manger mon orange et là c’est le pied. Je respire à pleins poumons les odeurs de la forêt et j’écoute les innombrables chants d’oiseaux et certains cris que je ne peux pas définir (singe ou autre). Je repars et croise deux chasseurs à vélo. L’un avec un vieux fusil et l’autre un poignard. On essaie de se parler mais ils ne causent pas du tout français. De temps en temps des clairières avec des champs de coton.

    Il est 13 H 30, j’arrive au village de SEGALA meurt de chaud et de soif. Je m’arrête à la première épicerie, pas de Coca, ils m’envoient dans le centre et là, je trouve un Coca bouillant. Ils n’ont ni électricité, ni groupe électrogène, je peux acheter un dernier bout de pain qu’il reste pour faire mon sandwich à la Vache qui rit. L’épicier m’apporte une chaise et un broc d’eau pour me laver la figure qui est rouge de poussière et j’en profite pour rincer le plus gros sur la chaîne de « BAMAKO » car ça grince méchant.

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    Mosquée sur le modèle des termitières

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    Je rêve de frais, j’envoie un gamin m’acheter une pastèque, il n’en trouve pas. Alors je retourne vers la gare routière ou il y a souvent des femmes qui vendent un peu de tout, mais il n’y a ni pastèque, ni orange. Je goutte un fruit qui a un peu l’aspect des citrons mais un peu plus gros, il a le goût du melon. Je m’avance sous un abris bâché vers des femmes qui préparent des brochettes de viande pour les vendre à l’arrivée des bus et taxi brousse. Les mouches recouvrent les morceaux à mesure qu’elles les coupent. Il y a aussi du riz qui mijote et les poules viennent de temps en temps le picorer. Il y a aussi du lait caillé, j’ai tellement envie de frais que j’en goûte une tasse. Il n’est pas trop chaud alors j'en avale deux grands  bols en bois. Ça rigole beaucoup de me voire si affamé. Tout à coup un gros camion s’arrête, on vient m’appeler, c’est un camion de livraison et il y a plein de pastèques. Super, on se chamaille beaucoup en plaisantant car j’en choisis une belle et un malien m’en montre une autre en me disant qu’elle est plus jolie pour me piquer la mienne. Ils adorent plaisanter et on passe une bonne partie de rigolade. J’en achète une et la partage avec tout le monde. Je me rends ensuite vers une espèce de mare boueuse où les enfants fabriquent des briques en mettant  de la boue dans des moules qui sont ensuite séchés  au soleil. Ces briques serviront à construire les futures cases. Je repars ensuite jusqu’à DIO - GARE, je m’arrête, bois un Coca chaud et me renseigne pour dormir. Le premier à qui je demande m’emmène chez lui, me présente ma case et toute sa famille. J’ai très chaud et il m’apporte un seau pour me laver. Ensuite de la bouillie de mil et un gâteau africain au mil avec une sauce, ce n’est pas trop mon truc. LASSI, qui m’a invité est teinturier, il repasse avec un fer à repasser à braise comme nos grands-mères et il y a quand même une télévision dans la cour qui fonctionne sur batterie. Nous ne manquons pas, bien sûr, le thé dont la cérémonie m’étonne toujours. Il est transvasé des dizaines de fois d’un verre à l’autre et revidé dans la théière posée sur la braise de charbon de bois dans de petits brûleurs artisanaux pour être ensuite reversé de très haut avec une adresse incroyable afin qu’il s’oxygène pour affiner son arôme.

    Ici, au MALI, les femmes travaillent beaucoup, souvent avec le bébé dans le dos. Tout le long de la piste j’ai vu beaucoup de panneaux indiquant des associations de femmes pour le maraîchage ou autre.

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    Jeudi 21 Novembre DIO GARE - BAMAKO 50 Kms

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    Mosquée de Dio Gare

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    La boucherie

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    Sauvetage en eau douce.

    Je me lève tôt ce matin mais LASSI qui doit m’emmener saluer le Chef du village n’est pas encore levé, alors que les femmes cuisinent déjà depuis une heure. Mauvaise surprise, mon pneu arrière est à moitié à plat. Je n’ai pas envie de réparer maintenant, alors je le gonfle à fond en espérant que ça tienne le trajet. Je me fais mon café et le gaz vient de me lâcher. Hier soir, c’était mon stylo Pilote, il est temps que je rentre. Ça y est, mon homme se lève péniblement, ici les hommes dorment beaucoup. Il arrive un moment plus tard avec, à la main mon transistor que je lui ai offert hier soir pour les enfants. Il ne le lâche pas et je crois que les gamins n’en verront pas la couleur. A l’antenne il a rajouté un grand bout de fil de fer. Avant de quitter la famille, je donne des échantillons de shampooing et savonnettes que j’avais récupéré dans une auberge en EUROPE, directement aux femmes. Nous partons ensuite saluer le Chef du village et je n’ai pas de noix de Cola qu’il est de coutume d’offrir (tant pis). Après les salutations il veut à tout prix m’emmener chez le Maire et à l’école. Je lui dit pourtant que je ne veux pas m’attarder car mon pneu risque de se dégonfler, mais il insiste et pousse lui-même « BAMAKO ». Il marche à une vitesse impressionnante et j’ai de peine à le suivre. Nous passons chez tout le monde en essayant de faire vite. Tous essaient de me sermonner pour que je fasse le messie auprès des associations en France pour les aider.

    Nous partons tout de même mais comme de coutume LASSI m’accompagne en poussant « BAMAKO » jusqu’à la fin de la commune qui ne fini jamais. Nous avons déjà fait 1,5 Km à pied et il ne me dit pas encore au revoir. Alors, au risque de le vexer, je prends les devants car je ne veux pas aller jusqu’à la prochaine ville à pied. Et c’est reparti, en pédalant cette fois, je prends de nouveau quelques bouffées de poussière pour me rappeler que je suis bien sur la piste.

    « Petite anecdote » : hier, à une gare routière, un jeune pas très sympa (il y en a aussi) me dit d’un air mesquin, « c’est impossible que tu sois venu de France avec un vélo, ça n’avance pas assez vite ». Je lui dis  « que tu ne me crois pas c’est ton affaire, ça ne me dérange pas du tout » et puis il monte dans un taxi brousse. Environ deux heures après, le temps que je casse la croûte et que je fasse une vingtaine de Kms, je vois le taxi brousse en panne au bord de la piste. Le chauffeur couché dessous à essayer de réparer et puis tous les passagers assis en dehors à attendre. Parmi eux, je reconnais mon interlocuteur qui me traitait de menteur et tout en les dépassant, je lui lance en lui faisant signe, « tu vois un vélo, ça avance plus vite que le bus ». Puis je continue ma route. J’arrive sur un pont et m’arrête pour regarder en contrebas une rivière très boueuse, à moitié desséchée et dedans, à quatre mètres du bord, je vois une jeune vache. Au début, je crois qu’elle se rafraîchit, mais ensuite je comprends vite qu’elle est enlisée et prisonnière de la boue. Elle est complètement immobile et ne lutte plus. Elle doit  être dans cette position depuis peut être plus d’une journée car on lui voit les côtes sous la peau. Je reste impuissant devant la scène et en face de moi arrive une charrette tirée par deux ânes avec deux hommes dessus. Je les appelle mais il ne comprennent pas le français et me salut de la main,  je leur fait des gestes désespérés en leur montrant le dessous du pont. Ils continuent toujours, alors j’insiste jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent pour de bon. D’où ils se trouvent, ils ne voient rien, et l’un d’eux se décide quand  même à s’approcher pour voir ce qui se passe. Ils parle à son collègue en Bambara et je me dis que vu comme ils traitent les animaux, ils doivent s’en foutre. Eh bien non, pendant que l’autre reste tranquillement assis, celui qui s’est avancé descend, retrousse son pantalon et rentre dans la boue jusqu’au dessus du genoux pour tirer la pauvre vache par une oreille. J’ai bien peur que lui aussi ne puisse plus sortir, mais non finalement il arrive à la sortir de l’eau et la pauvre bête épuisée s’avachit de l’arrière sans pouvoir faire un geste. Il la soulève et la pousse un peu pour l’éloigner de son piège, et la voilà qui repart doucement en chancelant. Il me fait alors un signe de remerciement et je suis très content d’être passé par là car je crois que dans quelques heures c’était la mort assurée. Je l’applaudis et il monte me serrer la main. Je repars et arrive à KATI ou je m’arrête vers la gare routière. Je demande une tartine de beurre et un Coca et je continue pour les derniers 20 kms. Je n’ai plus de jambes et trouve le temps interminable. Est-ce le fait de la dernière étape, je suis pressé de prendre mon fidèle « BAMAKO » en photo devant une pancarte qui porte son nom. Impossible d’en trouver une, il fait très très chaud ici et j’ai terriblement envie d’une boisson fraîche. Je cherche d’abord pour loger et je trouve une pension « Chez Mama FANTA » une sénégalaise. Chambre et W.C. à la sénégalaise mais toutefois assez propres. Mes affaires, les sacoches et « BAMAKO » sont recouvertes de poussière rouge. Je suis trop fatigué pour les nettoyer aujourd’hui, on verra demain. Pour le moment je vais prendre une bonne douche (il y en a une) et j’irais voir les horaires des avions pour le retour. Dans ma chambre il y a quatre lits, deux sont libres et l’autre est occupé par un jeune de Serrière près de chez nous, il s’appelle DJAMEL. Il voyage beaucoup et est très sympa. Ce soir nous mangeons ensemble, ici beaucoup de guides vous harcèlent comme dans toutes les grandes villes. Je ne sens pas tellement cette capitale.

    Vendredi 22 Novembre BAMAKO (Pas repos)

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    Ce matin je vais avec DJAMEL, qui connaît bien où se trouve Air Algérie. Je ne croyais pas que cette ville était si importante et si polluée. Elle ne mérite pas ce joli nom que porte si bien mon « BAMAKO » à moi. Ça roule très très vite ici et c’est extrêmement dangereux. Il paraît que beaucoup achètent leur permis de conduire (de 50 000 à 70 000 Frs CFA). On est harcelé sans arrêt, alors on envoi balader. DJAMEL me montre aussi la poste et le club internet.

    Il y a un avion demain mais c’est trop tôt car je n’ai rien de lavé et il faut que je fasse le calcul de poids de ce qui me reste si je veux ramener quelques souvenirs. Je dois aussi retirer de l’argent liquide car Air Algérie ne prend pas la carte. J’apprends que j’ai droit à 30 kg de bagage alors qu’en prenant mon billet en France j’aurais eu droit à 40 kg. Encore une ruse pour faire payer une surtaxe pour le supplément. L’après-midi tout est fermé à cause du Ramadan (poste, banques etc.…) alors nous courons les rues avec DJAMEL pour essayer de trouver la seule banque avec un distributeur. D’après nos guides touristiques et malgré le plan, impossible de la dénicher. Nous demandons à plusieurs personnes qui nous indiquent n’importe quoi et nous tournons en rond tout l’après-midi. Du coup le soir, on n’est pas bien tous les deux. On met ça sur le compte de la fatigue, de la pollution et l’énervement, en plus j’ai donné tout mes médicaments. DJAMEL en a marre de cette ville et il part demain pour SEGOU. Il est musicien dans un groupe et est venu en AFRIQUE pour enregistrer dans les villages des musiques locales pour les remixer avec de la musique moderne. Tous les européens que j’ai rencontrés ne se plaisent pas à BAMAKO. Bon ce n’est pas tout, mais il faut absolument que je trouve un distributeur, demain matin car c’est le dernier délai pour payer mon billet pour rentrer mardi soir. En arrivant à la pension déjà un peu énervé, je reçois quelques remarques de la patronne Mama Fanta et ça commence à me gonfler. Un coup à cause de la porte du W.C. qui est mal fermée, un coup pour « BAMAKO » qui gène et dès qu’on part elle nous coupe le ventilo dans la chambre, alors il fait une chaleur à crever quand on rentre. De plus on est bouffé par les moustiques car ils les élèvent ici. Dans toutes les rues les égouts sont à ciel ouvert, alors devinez ?

    Samedi 23 Novembre - BAMAKO (Pas Repos) 

    Djamel avait mis son réveil à 6 H pour partir à SEGOU avant les grosses chaleurs. Il a deux sacs énormes d’affaires à troquer. Cette nuit difficile de fermer l’œil avec le bruit de la rue et l’appel  à la prière à 5 H 30 du matin. Alors je me lève en même temps que lui pour aller en ville de bonne heure car il m’a laissé toutes ses cartes postales à poster et il faut que je trouve de l’argent et que je me rende à Air Algérie qui n’ouvre que de 9 H à midi avec le Ramadan. Je parcours les rues en long et en large, je demande aux flics qui m’induisent en erreur.  Heureusement je rencontre un étudiant en DEUG de géographie, hyper sympa  qui m’emmène à la banque à 30 minutes de là et sans lequel je n’aurais jamais trouvé car elle était cachée dans un immeuble. Il a beaucoup de temps à me consacrer et me dirige ensuite vers l’agence et la Poste car dans ce labyrinthe mon mauvais sens de l’orientation reprend ses droits. Nous discutons beaucoup du pays et je lui propose de lui offrir un verre mais il refuse cause Ramadan. Il me demande mon adresse et je rentre chez Mama Fanta très fatigué après m’être débarrassé de quelques harceleurs. Je vide toutes les sacoches de « BAMAKO » pour les laver, ainsi que toutes mes affaires et mon fidèle compagnon car la poussière rouge à sévit de partout. La Mama m’interpelle pour m’interdire de laver ici car elle se sert de l’eau. Elle me dit d’aller laver au fleuve. Alors, s’en est trop, je me fâche et lui explique que l’eau de la douche est en priorité pour les locataires et non pour elle. Elle s’énerve en rigolant en même temps. Je lui dis qu’elle n’est pas la seule et que si elle n’est pas contente j’irais voir ailleurs. Alors elle me répond qu’elle ne me retient pas et que si je reste elle me coupe la tête. Ensuite elle me dit, maintenant qu’on s’est bien disputés on va pouvoir s’entendre. Mais la pauvre ne me connaît pas, je suis très têtu et lorsque je décide quelque chose, je le fait, alors c’est décidé, je vais m’inscrire à la Mission des Sœurs Blanches. C’est beaucoup mieux et en plus moins cher. Mama Fanta doit avoir beaucoup de regret car j’étais maintenant le seul locataire et je pense qu’elle ne croyait pas que j’allais vraiment partir. Mais tant pis, il ne faut jamais provoquer un Scorpion. Avec mon bon cœur j’ai malgré tout un peu de peine pour elle. Vers les Sœurs il y a moustiquaire, ventilo et je suis seul dans un grand dortoir de huit lits. Dans une autre chambre il y a un couple, lui est blanc, elle est noire noire Sénégalaise et très drôle. Ils sont marié et vivent en France à la montagne (Super-Besse). Elle explique la première fois qu’elle a vu de la neige et raconte qu’elle c’est mise au ski et que tout le monde rigole en la voyant car elle tranche beaucoup avec le paysage. Lui rêve d’un périple comme le mien et me demande une foule d’informations. Elle me propose ensuite très gentiment de me laver mon linge, que demander de plus ? Bon, il est 20 heures, je vais manger un couscous chez Mustapha, juste en face au Café des Sports.

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    Dimanche 24 Novembre Bamako ( pas repos )

    Ce matin, levé à 7 heures pour regarder l’ordre dans lequel je vais ranger mes affaires pour ne pas trop tenir de place. Voir aussi lesquels je dois troquer pour pouvoir ramener quelques souvenirs. Ensuite, après le petit déjeuné, un petit tour sur Internet et direction le marché de l’artisanat où, comme prévu on va me sauter dessus d’entrée. Je troque mon gilet fluo, le phare de « BAMAKO » et un pneu usé contre quelques produits artisanaux. Ensuite en repartant, il y en a un qui me colle comme mon ombre pour me vendre cinq colliers et malgré mon refus, il ne me lâche pas et fait au moins un kilomètre en me suivant. Il me fatigue, alors je lui dit un prix dérisoire pour qu’il me laisse la paix et du coup lui aussi, très las, il accepte. Au même moment, un gars m’interpelle comme souvent ici. Comme je ne suis pas physionomiste, je ne sais jamais si je les connais ou pas en plus ils se ressemblent beaucoup. Eux, au bout de trois ou quatre jours, dans la moindre ville, il vous connaissent tous, normal, les blancs ça ne courent pas les rues, surtout un blanc à vélo. Donc, il me dit, tu ne te rappelle pas de moi, je suis le gars qui t’ai appelé l’autre jour pour manger dans mon restaurant sénégalais. Tu étais avec l’autre toubab. Est-ce que tu veux venir manger ?

    C’est vrai, un jour, un gars nous avait appelé et on lui avait répondu que l’on était assez grand pour décider où l’on voulait manger. Mais aujourd’hui comme il est déjà 13 H 30 et que je suis encore loin de ma pension, je lui répond que je veux bien essayer si ‘il me fait un super prix et suivant ce qu’il y a. Il m’amène alors un grand choix de plats et à un prix défiant toute concurrence. Alors j’accepte car en plus, ça tombe bien, je n’ai pas de monnaie pour payer mon receleur en collier. Je rentre alors dans le resto et le prix n’est pas le même que celui qu’il m’avait annoncé, je suis alors surpris. Lorsqu’il rentre à son tour je lui annonce la couleur, il me dit alors, pas de problème, je vous ferai un prix la dessus. Lorsque je lui demande un couteau, il engueule le serveur en sénégalais pour qu’il m’en apporte un de suite. Je lui demande ensuite une bouteille d’eau fraîche, il me dit, « je vais vous la chercher à l’épicerie » (ça se fait comme ça ici) « et en même temps je vous ferai de la monnaie pour les colliers et je paierai le gars. » Je lui donne donc mon billet de 10 000 Frs CFA, il revient un moment après avec la bouteille d’eau et me dit que l’épicerie n’a pas de monnaie, que ça serait plus facile si je lui redonnais un peu. Je n’ai plus rien, alors il me dit « je vais me débrouiller ». Faire de la monnaie et payer le marchand de bijou, et le voilà reparti. Je ne m’affole pas car en AFRIQUE c’est toujours comme ça. Je termine mon repas et il n’est pas encore revenu. Je demande à la serveuse, « où est le patron, il ne revient pas encore ?». Elle me regarde étonnée et me dit : « Quel patron ? c’est moi la patronne ». Je lui dis, « l’homme qui m’a fait rentrer au restaurant. » Alors, elle me répond, « l’homme qui était avec vous, je ne le connais pas et je ne l’ai jamais vu, il m’a juste payé votre repas ». Je m’adresse alors au serveur auquel il avait intimé l’ordre de m’apporter un couteau et lui me dit pareil, qu’il ne le connaît pas non plus, il passe souvent la devant, c’est tout.

    Alors là, je comprends que je me suis fait berner. Il a payé le resto pour ne pas être poursuivi par eux et moi le toubab, il m’a escroqué de 5 000 Frs CFA (7,62 E). Heureusement que je n’avais pas d’avantage. C’était tellement subtil que la patronne et le serveur ont vraiment cru qu’il était avec moi et moi j’ai vraiment pensé que c’était le patron. Je suis vexé et j’explique ma mésaventure aux jeunes dehors en leur demandant s’ils l’ont déjà vu. Ceci dans un esprit de le retrouver et de me venger comme le bon français qui s’est fait voler. Mais eux ne réagissent pas du tout comme nous. Ils me disent « ça ne sert à rien de le retrouver (ils ont horreur des conflits ici), il faut être très vigilant ici, les trois quart des personnes sont bien, mais il y a toujours des brebis galeuses et si tu t’es fait avoir c’est de ta faute. Je reconnais qu’ils ont raison, ça ne m’avance pas de m’énerver, j’ai pris une leçon et la prochaine fois je serai plus méfiant. Je raconte mon  histoire à un policier qui réagit de la même façon et apparemment ce gars doit faire cela devant différents restaurants et le toubab est la proie idéale. Dans le doute, j’emmène mes colliers à un  bijoutier pour voir s’ils sont vraiment de qualité et si je ne me suis pas fait arnaquer une fois de plus. Il me rassure car il m’annonce qu’ils valent plus du double du prix payé et est même surpris du prix. En fait je ne sais pas si mon escroc a vraiment payé le vendeur de bijou ou s’il s’est arrangé avec lui ? Enfin, pour me changer les idées, je fais un tour de ville avec « BAMAKO », le long du Niger. Il y a une multitude de jardins, de bananiers, arbres exotiques et légumes mais la pollution est très importante et l’air irrespirable. Tous les cyclistes et les gars en mobylette se déplacent avec des masques en papier !

    Rouler ici en bicyclette est dangereux, ça roule très vite et dans un désordre indescriptible avec les piétons, ça passe souvent très près. Je rentre et ne ressortirai plus avec « BAMAKO », ce serait bête de me faire tuer le dernier jour. Je crois même que je vais aller à l’aéroport en taxi. Ce soir je mange avec un nouveau trio de jeunes chez Mustapha. Demain il faut que je trouve des cartons pour emballer « BAMAKO » pour l’avion et que je retourne au marché de l’artisanat (dur-dur).

    .Dimanche 25 novembre Bamako ( pas repos ) 

    Ca se tire. Je demande aux sœurs si elles n’ont pas des cartons dans leurs garages pour empaqueter « BAMAKO ». MIRACLE ! (Normal c’est des sœurs) il y a deux cartons spéciaux pour les vélos que des associations ont du laisser. Super, ça m’évite d’aller chercher je ne sais où car ici les cartons, ça ne courent pas les rues. Je vais ensuite faire mes dernières emplettes.

    Je suis content j’ai fait des supers coups mais je culpabilise toujours après avoir trop marchandé. Quand je vois le travail réalisé pour faire certaines choses et le prix dérisoire que l’on paie. Je troc aussi mes dernières chambres à air, même celles d’occase et ma moustiquaire pour gagner un peu de place. Malgré cela je me demande comment je vais tout emporter.

    En ville, un malien m’interpelle. « Hé Michel ! », je suis maintenant méfiant et je ne lui réponds pas. Je suis tout de même étonné qu’il connaisse mon prénom. Il avance et me dit « tu ne te souviens plus de moi », et là j’ai vraiment honte car c’est un gars d’un village qui m’avait hébergé : LASSI le teinturier. J’ai mis longtemps à me le remémorer et m’en excuse.

    Dans la rue, un peu plus loin, je retrouve aussi un des français Rasta qui logeait à KITTA avec moi. Et, le comble des combles, à midi, devinez qui arrive à la mission des Sœurs Blanches ? Je n’en reviens pas : l’Espagnol avec lequel j’avais pris le train de MAURITANIE et que j’avais retrouvé ensuite dans la même auberge que moi à St LOUIS. C’est incroyable, un mois après, je le retrouve ici, le monde est vraiment petit.

    Aujourd’hui, il arrive pas mal de membres de diverses associations qui transportent du matériel scolaire. Le menu de Mustapha n’est pas assez bien pour eux alors ils vont manger dans un resto plus chic et plus européen. Une femme d’une autre association et qui loge à la Mission reprend l’avion aujourd’hui (Air France, s'il vous plait) c'est plus cher mais c'est mieux.

    Elle se fait ramener à l’aéroport par deux pères Catholiques Maliens avec la dernière 406 HDI neuve qui est une véritable fortune pour ce pays. Eux se portent très bien et sont très bien habillés. A les entendre discuter, ils ont voyagé dans le monde entier et prêché pour les pauvres (ça doit être très enrichissant de prier) : il y a des choses que je ne comprends pas.

    Ce soir, je mange chez Mustapha avec un couple de français. Ils possèdent une Renault 4 L qu’ils ont acheté à un chasseur chez nous pour 380 € et ils ont pris une année sabbatique pour visiter l’Afrique. La femme du couple a préparée une salade composée avec des légumes qu’elle a acheté au marché et du thon.

    Ca fait du bien de manger un peu de verdure car ici, au MALI, c’est juste une assiette, souvent de riz accompagné d’un peu de poisson ou de viande, ou simplement avec une sauce arachide ou à la viande. Il n’y a pas comme chez nous une entrée et un dessert. Dans les villages de brousse, on trouve uniquement du mil.

    A midi j’ai mangé juste une assiette de pâtes et j’avais très faim. En plus chez Mustapha, record battu, pour une assiette de pâtes, deux heures d’attente. Nulle part ils n’ont de stock de nourriture car ils n’ont rien pour la conserver alors si vous demandez autre chose que du riz, il faut le dire à l’avance et ils vont l’acheter. Pour la boisson, c’est pareil, ils remplissent le frigo lorsqu’il y en a un et vendent jusqu’à ce qu’il soit vide. Si vous demandez un Coca, et qu’ils ne l’ont pas, ils vont l’acheter à l’épicerie la plus proche.

    Chez Mustapha ce qu’il y a de bien, lorsque tu as finis de manger il y a toujours le voisin qui t’apporte la pastèque ou autre. Même si tu commandes un repas tu peux très bien manger autre chose, yaourt etc.… que tu as acheté ailleurs. Tout est permis en Afrique.Direction Bamako le but de mon périple

     

     Café des sports chez Mustapha

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     Mustapha et sa femme

    Mardi 26 Novembre - BAMAKO (The end)  

    Ce matin, je termine mon paquetage et j’offre mes restants de toilette au gars qui fait le ménage. C’est incroyable comme je lui fais plaisir avec si peu.

    Mes bagages sont impressionnants, je me demande si ça va passer à l’aéroport. Il y a pas mal de Toubabs qui arrivent maintenant, surtout des anciens qui doivent venir du grand Pèlerinage Chrétien de KITTA et qui font partie de quelques associations.

    Mustapha du Café des Sports est débordé, d’habitude il ne fait pas les repas de midi car il dort encore, mais avec le monde il est obligé.

    Dès qu’il y a six personnes à la fois, il n’y arrive plus. Alors il a employé deux jeunes pour l’aider, ceux-ci ne sont pas payés mais  en contrat d’apprentissage et emmène une part de ce qu’ils cuisinent à la maison. C’est un système ici qui arrange tout le monde.

    Je bois un coup avec quatre jeunes français supers qui s’ajouteront à mon aventure. David, Sandrine et Amandine. Ils ne sont pas de la même région et se sont connus sur Internet pour venir partager la même passion : aider les autres. Ils n’ont pas voulu venir avec une association mais se rendre compte eux-mêmes des besoins et monter un projet pour aider un village. Avec eux il y a Olivier qu’ils ont rencontré en route, il est DJ et vient ici pour travailler dans une radio locale.

    Ils ont sympathisé avec Amadou que je leurs ais fait connaître, il va leur faire visiter son village et ils vont essayer de l’aider dans ses projets car il a plein de bonnes idées pour aider les jeunes d’ici à s’en sortir.

    C’est super les rencontres entre routards car on échange beaucoup et il n’y a aucune barrière d’âge. Tout le monde se tutoie, on te donne de l’amitié à revendre et chacun par son récit apprend beaucoup à l’autre. C’est ça l’école de la vie.

    Aujourd’hui il fait encore très chaud et malheureusement je n’ai plus de place pour rapporter de la chaleur dans mes bagages alors j’essaierai d’en rapporter dans mon cœur car j’en ai énormément reçu (si ce n’est pas bien dit ça!).

    Je suis K.O de ne plus être actif et je pense qu’il me faudra bien une paire de semaines pour me remettre dans le contexte européen.

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    Finale  France - Mali

     

    Mardi 27 Novembre - Embarquement 

    Ça y est, « BAMAKO » est dans son carton où je l’ai mis avec ses fidèles sacoches. Cela fait un poids pas possible et un encombrement MAXI. En plus j’ai mon sac à dos, une sacoche que je porte à la main et un gros Jambé. Je me demande comment je vais faire à l’aéroport et s’ils ne vont pas tiquer sur le poids. Je pars en taxi jusqu’à l’aéroport à 15 Km d’ici pour 23 H 30. Hier soir, je trouve un couple de marseillais qui m’expliquent qu’il y a des grèves en France, qu’ils devaient prendre l’avion hier et qu’au dernier moment ils se sont fait refouler. Il a fallu qu’ils se débrouillent vite pour trouver un hôtel. Nous avons peur que cette situation se reproduise aujourd’hui car ça traîne beaucoup, tous les écrans sont éteints, on a dépassé l’heure des enregistrements et ils ont tous le portable à l’oreille et un visage inquiet. Une hôtesse dort carrément derrière son guichet.

    OUF, ils nous font signe de rentrer, alors j’essaie, mais c’est le parcours du combattant pour moi car je suis obligé de pousser le carton immense et ensuite d’avancer mes sacs et mon Jambé au fur et à mesure. Le responsable fait un peu la gueule en voyant le grand paquet et dit à un de ses collègues d’un ton hargneux que ça n’a rien à faire ici. Mais en fret .ensuite, il me demande si j’avais dégonflé les pneus à cause de la pression de l’avion (chose que j’ignorais) . alors je lui réponds « oui » car je me suis pris la tête à tout scotcher et attacher, il ne me croit qu’à moitié et me dit « vous êtes sûr ? il faut que je vérifie. Il fait un trou dans le carton, passe la main et se rend compte, pas content du tout qu’ils sont hyper gonflés. Alors exécution, il faut que je dégonfle. J’arrive à atteindre l’arrière à travers le trou mais l’avant, impossible, donc je fais semblant, on verra bien. S'il y a une explosion dans l’avion.

    Après toutes les formalités et l’attente jusqu’à 2 H 30, nous voilà partis pour ALGER et pour une nuit blanche.

    Arrivé à ALGER, nouvelles formalités et ensuite nous attendons l’heure pour reconnaître les bagages au pied de l’avion. Nous arrivons en car, je vois plein de bagages et pas « BAMAKO ». Il me l’on perdu. Ca téléphone dans tous les sens (j’espère qu’il n’est pas resté au  MALI»). Tous les passagers sont montés et moi j’attends sur le bitume avec une hôtesse. Toujours pas de cartons. Je surveille d’un œil qu’il n’enlève pas le marche pieds et que le zinc ne parte pas sans moi. Voyant qu’il n’y a toujours rien, le chef part à toute vitesse, avec une voiture, aux renseignements. Un peu plus tard, je vois au fond de la piste arriver un camion avec mon « BAMAKO » qui comme les vedettes  et comme pour le jour du départ se fait attendre.

    Ces quelques dizaines de minutes m’ont paru interminables. Finalement, faire le voyage en vélo m’a causé moins de tracasseries que le retour. Voilà le stress, que j’avais oublié, qui débarque déjà.

    Voilà mon ouvrage terminé et comme dans toute pièce de théâtre, je vais vous présenter l’acteur principal sans qui celle-ci n’aurait pu être jouée : 

    Voici « BAMAKO » 

    Cadre Spécialized Hard Rock 4130

    Groupe Shimano cera

    Jantes Mavic X 618

    Moyeux deore LX 36 rayons

    Selle San-Marco

    Potence Ritchey

    4 Porte gourdes

    Pédales avec Cale-pied

    Garde boue souple Décathlon

    Rétroviseur Décathlon

    Porte-bagages AV-ARR SEPHAL

    Pneus Michelin City

    Comme toute aventure, on n’en revient pas indemne. A part du sable, je n’ai pas pu rapporter de la chaleur dans mes bagages en cette saison d’hiver, ils étaient pleins. Mais j’en ai tellement reçu dans mon cœur que je peux le restituer à tous ceux qui me sont chers et fidèles.

    Dans les moments de solitude, lorsque je roulais en plein désert, j’ai eu le temps de m’interroger sur ma vie. J’ai appris à me connaître et à reconnaître mes erreurs afin de me remettre en question et que ce voyage me soit bénéfique. Celui-ci m’a ouvert les yeux et m’a provoqué l’envie de donner plus de moi même à mes proches. Le peuple africain m’a enfin appris la tolérance et le partage. Moi qui croyais tout connaître de la vie.

    Je voudrais conseiller à tous ceux qui se plaignent de leur sort d’ouvrir les yeux sur le Monde et de voir se qui se passe ailleurs.

     

    En chiffres …    

    Au total « BAMAKO » et moi avons réalisé :  

    ·         5 500 Km en roulant, soit environ 1 590 000 coups de pédales

    ·         630 Km en bus

    ·         280 Km en taxi brousse

    ·         350 Km en fourgon

    ·         50 Km en 4 X 4

    ·         760 en train dont 400 dans le plus grand train du monde (200 wagons pour 2 Km de long)

    ·         140 en pirogue de marchandise  

    Soit un périple de 7 510 Km


     



     

     

     

     

     

     

     

     


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