Rouler
Sans se retourner
“La vie est faite d’illusions, certaines réussissent, ce sont elles qui constituent la réalité”
Jacques Audiberti
« Aucun cœur n’a jamais souffert alors qu’il était à la poursuite de ses rêves »
Paul Coelho
« Il y a une grande différence entre être vivant et être en vie »
Spinoza
Dargoire Bamako
France____________________________________Mali
Mon véhicule: VTT SPECIALIZED
Durée : 3 mois
Distance: 5500 km
Nombre de personnes : moi
Handicap : deux hernies discales + un ménisque abîmé
Mes atouts : têtu et persévérant
Départ : le 3 septembre 2002
Pourquoi ? : pourquoi pas !
Je suis parti le 3 septembre 2002 de mon petit village de Dargoire (Loire) avec mon VTT pour rejoindre la capitale du Mali.
Avec mon vélo, que j'ai surnommé " Bamako", en rapport à mon but, il s’est crée une véritable complicité que vous allez découvrir tout au long de ce récit. Nous avons parcouru 5500 km en roulant et 2000 km avec les moyens de transport locaux ( train, pirogue, bus, taxi-brousse...) pour mieux nous imprégner de la vie locale.
Hier soir, avec Sylvie, nous avions étalé sur la pelouse tout le contenu des sacoches de Bamako, par terre. C’était impressionnant ! Je me demandais comment tout allait rentrer. J’ai rangé les affaires méthodiquement, suivant un ordre que m’avait conseillé Franck, un copain routard ; lui-même avait pompé sur le livre « on a roulé sur la terre » de deux potes qui s’étaient fait un petit tour du monde à vélo.
Alors, explication :
Dans la sacoche avant gauche, c’est l’armoire de toilette : trousse de toilette, gant de toilette, serviette et pharmacie. Cette dernière est très importante car vous êtes obligés de prévoir tous les problèmes qui pourraient vous arriver et Dieu sait s’il y en a en Afrique… Alors, pour le gain de place, j’enlève tous les médicaments de leurs boites et je les range dans des petits sacs congélation avec zip. Puis, je répertorie tout sur une feuille de papier avec le mode d’emploi.
Je n’ai pas oublié la pharmacie de Bamako également : chambres et pneus de rechange, rustines, rayons, dérailleur, vis et boulons divers et patins interchangeables, malgré que je n’aie pas l’intention de freiner sinon, ça sert à quoi de pédaler !!
J’ai aussi pensé à tous les outils chirurgicaux, c’est à dire clef à laine, clef plate, pince, démonte pneus, dérive chaîne, pompe etc. Toutes ces dernières choses destinées à mon compagnon de route serviront à équilibrer mes sacoches car figurez-vous que j’ai pesé un à un tout ce qui allait composer mon trousseau afin d’obtenir un équilibre parfait de chaque côté.
La sacoche avant droite est la cuisine, avec réchaud, popote, repas lyophilisés, pour les jours où je serais autonome…
La sacoche arrière gauche contient tous les vêtements ainsi que les guides des différents pays traversés.
La sacoche arrière droite contient la chambre à coucher, avec la tente, le duvet, le matelas auto-gonflant, la moustiquaire…
La sacoche arrière centrale contient la trousse à outils, une poche à eau de 6 litres, les pellicules, cartes routières et tapis en mousse. Cette dernière se transforme en sac à dos une fois dégrafée.
La sacoche de guidon renferme toutes mes affaires personnelles précieuses : papiers, appareil photo, boussole, lunettes, lampe frontale, livre de bord où j’écris tout ce que vous êtes en train de lire.
Cette dernière me suivra partout, accrochée à mon cou.
J’ai énormément privilégié le poids et le côté pratique. Par exemple, tee shirt en carline, très léger, qui sèche très vite et ne se repasse pas car je n’ai pas la place d’emmener une table à repasser !! Coupe vent et polaire en gore-tex, tente de 2kg seulement. Mais malheureusement, contrairement à un rôti, des légumes ou des fruits, dans les magasins de sport plus c’est léger, plus c’est cher…
Je suis quand même très satisfait car toutes sacoches comprises, je m’en tire avec un peu plus de 30 kg, ce qui n’est pas excessif en rapport à ce que j’ai pu lire dans les livres d’aventure.
Bamako, lui, est muni de ses 4 portes gourdes et de ses 2 porte-bagages. Il ne pèse que 15 kg alors que moi, pour l’instant, je pèse 74 kg. Alors, pour me consoler, je me dis qu’en ajoutant tous ces poids, c’est comme si j’étais très gros et que je fasse du vélo, pourquoi les gros n’auraient-ils pas le droit aux cycles eux aussi ?
Enfin, un seul petit ennui s’ajoute à tout ceci : c’est que Bamako n’est prêt que depuis cette après midi car il lui manquait un moyeu 36 trous à l’arrière, pour renforcer sa jante. Je ne l’ai jamais essayé avec son fardeau. J’ai d’ailleurs tellement mal au dos que c’est ma petite femme qui le selle.
Et c’est seulement à 21h30, la veille du départ, que je fais un premier essai en bas de mon chemin, au plat. Résultat : j’arrive à peine à remonter à la maison à pied, en poussant ! Alors, je me dis que jamais je ne pourrais rouler avec ça et je regrette beaucoup de m’être un peu trop avancé dans mes dires concernant mon projet car j’avais prévu une moyenne de 100 kilomètres par jour.
Tant pis, je vais essayer de dormir un peu et on verra bien demain, en test réel sur une journée.
Comment cela va t'il rentrer dans les sacoches ?
Mercredi 4 septembre - Cruas -> Lunel (150 Km)
Y Viva l'Espana
Pesage de mon véhicule

